Fantastique
Privilégiant l'étonnant, l'incroyable, l'irréel (fantômes et fantasmes naissent de la vie ordinaire pour la transformer et la signifier) la littérature fantastique se caractérise par l'irruption d'un objet insolite dans le champ du réel, d'abord perturbé puis transformé.
Le genre se développera au XIXème siècle avec le
Romantisme, en particulier en Angleterre et en Irlande, avec le Roman noir (Walpole, Radcliffe, Maturin, Lewis, Mary Shelley), en Allemagne, avec les Contes d'Hoffmann et d'Arnim. Toute la littérature occidentale va bientôt être gagnée par le Fantastique: en France, Nodier (l'école frénétique, vers 1820), Balzac, Mérimée, Gautier, Nerval; aux États Unis, Poe, Irving et Hawthorne; en Russie, Gogol et Dostoïevski; en Pologne, Potocki;...
Dans la seconde moitié du siècle, le fantastique connaît, particulièrement en Angleterre et en France, une vogue renouvelée. Il persiste dans son rôle critique envers les prétentions scientifiques et progressiste du temps, celles-ci étant plus ambitieuses que jamais. Pourtant, le fantastique ne se contente pas de représenter des phénomènes extraordinaires irréductibles au discours positiviste. Il ne s'agit pas seulement de ramener les savants à plus de modestie en leur rappelant qu'ils n'ont accès ni aux causes premières ni aux fins dernières de l'univers et de l'humanité. Le fantastique se nourrit en effet très souvent des nouvelles connaissances diffusées par la vulgarisation de l'époque (c'est le cas chez Maupassant et Villiers de l'Isle-Adam), car la science elle-même est loin d'être toujours rassurante. N'est-ce pas la science qui voit dans l'homme un lointain cousin du singe; qui se demande légitimement si la Terre est la seule planète habitée de l'univers; elle encore qui découvre que la conscience n'est que la surface de la vie psychique et que l'homme ne perçoit qu'une infime partie des forces naturelles qui l'entourent et agissent sur lui ? Le magnétisme et le spiritisme ne sont-ils pas des discours qui empruntent à la science ses procédures, ses expériences, son vocabulaire - et parfois même son personnel de chercheurs ? Le fantastique de la fin du siècle, affichant à la fois une fascination et une répugnance pour la science (pensons à Villiers) accouchera bientôt de la
Science-fiction.
Article n°: 157-503 - Article démo: 3.705 caractères. - Article complet: 3.705 caractères.