L'idéal classique et la tendance vers l'ordre et la raison (XVIIème siècle)
Le Classicisme est la mise en relation des formes esthétiques et des structures psychologiques : ainsi la tragédie est liée à la rationalité courtisane ; le roman pastoral est l'expression d'un groupe frustré qui a perdu face au roi. L'idéal classique triomphe dès le début du règne personnel de Louis XIV. Pendant une vingtaine d'années les chefs d'oeuvre se succèdent.
Le " Classicisme " trouve son théoricien en la personne de Boileau qui énonce dans son Art poétique les règles auxquelles la poésie et le théâtre doivent être soumis. De leur côté les Académies codifient les règles et forment les artistes dans le style officiel.
[...] Partie réservée aux abonnés [...]
Un des buts assignés dès sa fondation à l'Académie française (1635) est de dresser un tableau exact et méthodique de cette langue épurée par les discussions autour du bon usage. L'article 26 des statuts de l'Académie stipule qu' " il sera composé un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l'Académie".
L'académie se met au travail et les Sentiments de l'Académie sur le Cid (1637) comprennent déjà toute une partie consacrée à l'étude de la langue. Mais le dictionnaire démarre difficilement... L'académicien Vaugelas arrête dans ses Remarques qu'il" n'y a qu'un maître des langues, qui en est le roi et le tyran, c'est l'usage".
L'idéal classique met au premier plan la Raison et s'interdit de peindre des cas particuliers. Ce qu'il veut atteindre, c'est le général, l'universel car c'est seulement ainsi qu'on peut dégager le beau. L'écrivain classique préfère ne pas choisir ses exemples dans la vie quotidienne mais s'inspirer de l'Antiquité, ne pas représenter les gens du commun mais des princes et des rois. La violence des passions doit être contenue et ne pas se manifester par un langage ou des gestes déplacés sur la scène. Modération, Bienséance, Vraisemblance, autant de règles que l' ''Honnête homme se doit d'appliquer. Dans tous les domaines, l'homme doit rester maître de son corps et de ses sentiments.
[...] Partie réservée aux abonnés [...]
La fin du règne de Louis XIV est précisément marquée par la Querelle des Anciens et des Modernes. Ces derniers se sentent plus libres, moins liés au roi et à Versailles. Un monde nouveau se prépare en même temps qu'une nouvelle mentalité se dessine. Littérairement les Modernes acceptent encore la doctrine classique mais leur esthétique moins rationaliste admet la primauté du sentiment sur les règles, un certain renouvellement des genres, la possibilité d'un progrès en art pendant que politiquement, tout en refusant de bouleverser l'ordre établi, ils estiment avoir le droit d'intervenir dans les problèmes de l'État, en raisonnant au nom "du genre humain".
Voir aussi: La "Raison" au XVIIe siècle
Article n°: 407-405 - Article démo: 4.140 caractères. - Article complet: 7.194 caractères.